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Je fus … cycle en noir-blanc-rouge |
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Ce texte, écrit sur demande, sur la thématique de la transmigration, ne me satisfait pas vraiment en cet état « isolé ». Trop proche dans la forme du texte celte dont je me suis inspirée, sans doute... Je vais essayer de l'intéger à quelque chose. |
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Je devins sève dans le tronc d’un arbre vieux et noueux qui se trouvait là et je fus aspiré vers le monde brillant d’où j’arrivais à peine, mais je devins alors fruit rouge et rond sur cet arbre, et bientôt, il me fallut encore tomber. Parce que sur moi s’étaient refermée la puissante mâchoire d’une laie, je devins marcassin rayé, et grandis jusqu’à être bête noire redoutable puis devins encore, l’âge venant, vieux solitaire, et tombais sous la lance d’un chasseur au-dessus des racines d’un chêne où s’ouvrait un trou dans le sol. Je devins alors lièvre au pelage d’argent, né dans cette tanière et courant la lande, allant d’arbre en arbre, sans aucune fatigue et ma course ne cessa que sous les crocs d’une louve au pelage noir et plus rapide, sans doute, que moi.
Je devins enfant humain, aux cheveux couleur de feu. Un jour, cesserai d’être cet être. Mordu, cette nuit, par un animal ou un être du monde obscur, peut-être ne le suis-je déjà plus ? Peut-être serai-je demain ou un autre jour, poisson, oiseau, ou vent d’été, porteur de fleurs et de cendres au-dessus des champs ? Peut-être serai-je pierre forgée aux forges de la Terre ou lame forgée à celles des hommes ? Peut-être aussi serai-je à nouveau eau, courant vive sur les rochers ou bien s’élevant pour se figer, lumineuse, dans les vents glacés ?
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Dernière mise à jour de cette page = Fevrier 2011 |
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